Tout Doit Disparaître – Campagne Pluri-média & Scénographie .
Direction Artistique Globale & Stratégie de Campagne
L’Enjeu
Concevoir la campagne de communication globale d’une exposition d’art thématique fictive portant sur la société de consommation. L’objectif majeur est de sensibiliser un public jeune (scolaires, lycéens et étudiants) aux enjeux de la surconsommation à travers une démarche à la fois artistique et hautement pédagogique.
La Réflexion
Pour critiquer efficacement le système, le parti pris a été de détourner les codes visuels de la consommation de masse pour les retourner contre elle-même. L’exposition entière est pensée conceptuellement comme un espace de vente, justifiant l’usage de visuels évoquant des tickets de caisse, des codes-barres et des slogans promotionnels. Le ton adopté pousse le spectateur à s’interroger : faut-il réformer cette société ou assister à sa disparition inévitable?
L’Exécution
Pilotage d’une stratégie multicanale allant de la conceptualisation à la production des livrables finaux. La coordination englobe la création d’une identité de marque, d’affiches, d’un motion design, de posts pour les réseaux sociaux, d’un catalogue d’exposition complet et d’une signalétique spatiale inspirée du code de la route.
Identité Visuelle & Édition Critique
L’Enjeu
Développer un langage graphique percutant capable d’incarner la saturation et l’aliénation liées à l’hyperconsommation, tout en assurant une lisibilité optimale pour la communication de l’événement.
La Réflexion
L’identité visuelle s’appuie sur une esthétique volontairement froide et industrielle. Le choix d’un traitement monochrome (noir et blanc) dépersonnalise le visuel, renvoyant à l’uniformité des produits manufacturés. L’incorporation de textures brutes, comme le halftone (demi-teinte) ou le papier déchiré, rappelle les impressions publicitaires de faible qualité et illustre la violence de la consommation de masse.
L’Exécution
Création du logo-titre « TDD » intégrant directement un code-barres. Le contraste typographique a été travaillé en opposant la police Franklin Gothic Heavy (pour son impact autoritaire) et la police monospace Courier New (pour son rendu rappelant les caisses enregistreuses). Conception d’une série d’affiches jouant sur l’esthétique de l’erreur numérique (« glitch ») et élaboration d’un catalogue d’exposition pensé comme un objet-œuvre reprenant les formats étroits et les codes d’un ticket de caisse.
Motion Design & Allégorie Visuelle
L’Enjeu
Traduire la vitesse vertigineuse de l’hyperconsommation et l’obsolescence programmée des objets dans un format dynamique adapté aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux.
La Réflexion
Plutôt que d’illustrer littéralement le propos, l’animation s’articule autour d’une métaphore visuelle et sonore forte : l’imprimante industrielle. La répétition mécanique symbolise l’industrialisation de l’art et l’aliénation, jusqu’à l’arrêt brutal du système qui incarne la rupture inéluctable du modèle de surconsommation.
L’Exécution
Production d’un motion design de 14 secondes. L’animation met en scène des feuilles vierges s’enchaînant à un rythme effréné pour imprimer le slogan « TOUT DOIT DISPARAÎTRE ». Le travail sur le design sonore souligne l’augmentation frénétique du bruit des machines, brusquement remplacé par un silence lourd au moment où apparaît la marque finale et le code-barres.
Conception Éditoriale & Storytelling Engagé
L’Enjeu
Structurer le discours pédagogique de l’exposition pour capter l’attention d’un public de lycéens et d’étudiants, en donnant un sens profond et cohérent à la sélection des œuvres présentées.
La Réflexion
La narration se construit autour de l’injonction publicitaire ironique « TOUT DOIT DISPARAÎTRE ». Le parcours de l’exposition est scénarisé comme un dialogue à plusieurs voix entre les artistes, segmenté en axes clairs : les pionniers du détournement (Duchamp, Warhol), la critique frontale du système (Banksy, Kruger), et la sublimation du déchet. Ce storytelling permet de confronter directement le spectateur à sa propre réalité matérielle.
L’Exécution
Rédaction de l’ensemble des éléments de langage de la campagne, incluant les slogans provocateurs, les biographies d’artistes pour le catalogue, et les mentions ironiques intégrées aux visuels telles que « Nous vous remercions de votre visite ». Adaptation du ton pour transformer les supports informatifs en véritables manifestes critiques.
Travail d’équipe & Collaboration
Ce projet global est le fruit d’une réflexion et d’une production conjointes menées dans le cadre d’un travail de groupe. J’ai eu le plaisir de co-concevoir cette direction artistique et de déployer cette campagne plurimédia en étroite collaboration avec mes camarades Léo Loinard, Hugo Delcros Bichon et Tony Delage. La mise en commun de nos différentes expertises et de nos visions créatives a été le véritable moteur pour aboutir à l’écosystème immersif et abouti de « Tout Doit Disparaître ».